PORTRAIT DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE AU FEMININ



    Par Christiane Gosselin, c.o.


    Qu'est-ce qui explique que les filles choisissent encore majoritairement les mêmes professions que leurs mères?

    D'année en année, le pourcentage de filles sortant des sentiers battus reste à peu près le même.

    Les filles sont presque aussi nombreuses que les garçons à s'inscrire en formation professionnelle, le taux de chômage y est semblable, ainsi que le taux de placement dans le métier correspondant au diplôme obtenu. Cependant, il existe un écart important entre les conditions de travail des filles et des garçons. Les jeunes hommes sont beaucoup plus nombreux à travailler à temps plein (90% contre 66%), forte tendance qui ne se dément pas depuis 10 ans. Leur salaire moyen est meilleur même en ne considérant que les personnes qui travaillent à temps plein. Après un an, les garçons gagnent 445$ en moyenne par semaine alors que les filles ne reçoivent que 323$ par semaine. Un écart de plus de
    6 000$ par année.


    L'un des problèmes de la formation professionnelle au secondaire consiste dans le fait que les programmes les plus populaires ne sont pas nécessairement les plus rentables en ce qui a trait à l'emploi et que les plus prometteurs demeurent souvent inconnus surtout pour les filles. Je l'ai constaté à maintes et maintes reprises dans le cadre de mon travail auprès des jeunes.


    Programmes populaires pour les filles: Assistance aux personnes en établissement de santé, comptabilité et secrétariat: chômage avoisinant les , salaire moyen de 330$

    Programmes rentables et méconnus pour les filles: mécanique de tôlerie aéronautique, technique d'usinage, conduite des machines à mouler les matières plastiques, fabrication en série de meuble et de produits en bois ouvré: chômage autour de 10%, salaire moyen de 450$.


    LES FACTEURS EXPLIQUANT LA CONCENTRATION FÉMININE

    1- LA SOCIALISATION

    Les filles intègrent dès leur plus jeune âge les valeurs et les normes sociales qu'on attend d'elles entre autre de prendre soin des autres et d'éduquer. Elles apprennent ces normes à travers les jeux, lors des activités familiales et scolaires. Un effet de cette socialisation amène les filles à manquer plus rapidement de confiance en elles et dans leurs capacités.


    Exemple: lors d'un examen difficile les filles vont s'attribuer rapidement leurs mauvaises performances «je n'ai pas assez étudié», «je ne suis pas assez bonne» ce qui a pour effet de diminuer la confiance en elle-même. Les garçons vont plutôt dire «le prof n'a pas été correct de nous donner pareil examen», «on n'avait pas eu le temps de voir la matière à l'école».


    2- L'INFLUENCE DE LA FAMILLE

    Les parents et les autres membres de la famille vont souvent percevoir la carrière du garçon comme un nécessité vitale et pour les filles une possibilité d'épanouissement. Les filles voient le travail comme une façon d'aider les autres, d'aider la société. Les garçons considèrent le travail comme une activitié leur permettant d'acheter ce qu'ils veulent entre autre leur première voiture.


    3. L'ECOLE

    Les filles boudent les secteurs rentables ou d'avenir, soit les sciences et la technologie par manque d'informations, de modèles ou de soutien. Elles s'excluent en n'acquérant pas les préalables nécessaires: maths, physique, chimie, biologie sous prétexte qu'elles n'ont pas la boss des maths. Elles ne connaissent pas ou peu les ordinateurs et ne s'initient pas à Internet. Secteur principalement fréquenté par les garçons.


    4. LES AMIES

    Pour ne pas faire bande à part, elles préfèrent suivre leurs amies. Souvent, elles ne veulent pas se retrouver seules dans une formation non traditionnelle où il y aura plus de gars que de filles.


    5. LA DIMENSION RELATIONNELLE

    On peut traduire cet élément par la préoccupation de maintenir des liens. Les jeunes filles et les femmes voient tous les secteurs d'activités de leur vie que ce soit la carrière, la famille, la vie de couple ou les loisirs comme des occasions relationnelles où elles peuvent s'investir.


    Les jeunes filles et les femmes conçoivent des projets d'avenir caractérisés par la présence de liens avec d'autres personnes.

    «je suis une personne qui est portée vers les autres.»
    «j'ai besoin d'aider les autres, j'ai besoin de communiquer.»
    «j'aime être en contact avec les autres»
    «je veux avoir des relations harmonieuses avec mes collègues de travail.»

    Leur première réaction face aux métiers non traditionnels va dans le même sens.

    «je ne veux pas travailler toute la journée sur une machine sans contacts avec les autres»
    «je ne veux pas me faire harceler.»

    Pour pallier à cette situation, il faudra entre autre créer des réseaux d'entraide et de support entre les travailleuses des secteurs non-traditionnels.


    POUR REMÉDIER UN PEU A LA SITUATION LE CONCOURS «CHAPEAU LES FILLES»

    Ce concours du Ministère de l'Éducation invite les jeunes filles et les femmes inscrites à un programme d'études menant à l'exercice d'une profession ou d'un métier non traditionnels à poser leur candidature.


    Objectifs du concours:
    - favoriser la diversification des choix professionnels des jeunes filles et des femmes;
    - inciter les jeunes filles et les femmes à s'inscrire à certains programmes de la formation professionnelle ou technique conduisant à des métiers ou à des professions où elles constituent moins du tiers de la main-d'oeuvre;
    - encourager les jeunes filles et les femmes à persévérer dans un programme d'études non traditionnel.


    Des bourses variant de 500$ à 1000$ seront accordées aux lauréates qui, par la suite, pourront devenir admissibles aux différents prix des volets nationaux du concours. Les lauréates de même que toutes les participantes au concours Chapeau les filles bénéficieront de services de préparation à l'emploi pour faciliter leur intégration au marché du travail. Elles pourront également participer à l'émission La tête de l'emploi.


    La date limite du dépôt des candidatures à la direction régionale du ministère de l'Education est le 15 février 1999.

    Procurez-vous la brochure dans votre commission scolaire ou votre cégep et bonne chance.

    Christiane Gosselin, c.o.

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